Affichage : 1 - 5 sur 5 RÉSULTATS
recherches généalogiques

Covid-19 et Choléra, d’étranges similitudes

Ce début d’année 2020 nous amène à beaucoup de questionnements. Elle sera indéniablement inscrite dans les grandes pages de l’Histoire. Avant le covid-19 différentes pandémies ont traversé la France pendant les siècles précédents mais une période m’a tout particulièrement intéressée : la pandémie de choléra en 1832. Le premier fait marquant sont les mesures misent en place en ce début de siècle par les autorités, élaborées grâce à l’expérience et les leçons du passé et qui, aujourd’hui encore, sont déployées pour le covid-19. Le second fait marquant, c’est le comportement humain face à une catastrophe sanitaire, commun aux deux époques et qui, à mon avis, restera immuable.

Toutes ces informations, je les ai collectées au travers de l’Histoire statistique du choléra-morbus, qui a régné en France en 1832 de Mr Paillard, H (employé à l’Hôtel Dieu). C’est le rapport très détaillé d’un employé de l’Hôtel-Dieu adressé à Mr Desportes (administrateur des Hôpitaux et Hospices Civils de Paris) en novembre 1832, relatant cette terrible période. Voici, en résumé, ses constatations minutieuses sur l’évolution de la maladie, de la mise en place de mesures pour contrer le mal, d’exemples concrets ainsi que les relevés des malades et des morts au jour le jour par hôpitaux et départements. Il nous fait partager aussi la polémique de l’époque sur la contagion. En somme le point de vue privilégié d’un témoin de première ligne durant ces mois tragiques où l’injustice entre riches et pauvres s’en trouve encore accentuée.

Paris printemps 1832

En ce début de printemps, à la consternation générale, la nouvelle tombe : le choléra, arrivant de l’Angleterre, est dans les murs…

Comment Paris, 1ère capitale Européenne, la plus peuplée d’Europe après Londres, admirée de tous, pouvait être confrontée à ce fléau ? Paris n’avait plus connu de pandémie depuis le XVIIème siècle. La ville s’était dotée de rues élargies et aérées, d’une police efficace, d’une médecine en pleine évolution, d’une vie sociale bonifiée. Comment pouvait on croire à pareille nouvelle !

En même temps, il restait beaucoup de quartiers qui vivaient encore dans une misère extrême où la faim sévissait avec une surpopulation à son comble dans les bas-fonds. Selon le médecin Louis René Villermé chaque habitant ne dispose que « d’un peu plus de trois fois l’espace qu’il occuperait, un jour, sous terre » (extrait de l’état sanitaire du Paris Romantique 1832). Et c’est précisément là que l’épidémie démarre. Certains médecins affirmeront même que c’était une maladie d’indigents causée par leurs vices et leurs excès d’alcool. Très vite la rumeur circule : on a empoisonné l’eau pour exterminer les pauvres. Début d’insurrection, des hommes se soulèvent, en entraînent d’autres et massacrent de pauvres innocents. Cette idée d’empoisonnement est bien fondée, mais non pas par malveillance, mais parce qu’aucune norme d’hygiène et de surveillance de l’eau potable n’était appliquée (pour la petite histoire : il faudra attendre 1902 pour que des normes d’hygiène soient instaurées).

Malgré l’essor notable de la science et de la médecine avec, entre autre, les recherches anatomiques de François Xavier Bichat, l’invention du stéthoscope et l’auscultation par René Laënnec en 1815…. l’épidémie s’étend brusquement dans les beaux quartiers.

La peur remplace l’insurrection. Un mouvement de panique s’empare de tous et les plus riches s’échappent de Paris pensant ainsi fuir le mal mais le choléra n’en a cure… Bon nombre d’entre eux meurent sur les routes permettant ainsi à la pandémie de s’étendre.

Des mesures en urgence

Dans les premiers jours, les autorités avaient pensé que ce fléau s’étiolerait en arrivant sur la France. Devant cette vague rapide de contamination, et afin de l’endiguer, des mesures d’urgence sont mises en place :

  • bureaux de secours gratuits : les médecins et pharmaciens prodiguent des soins aux plus démunis. Le cas échéant, ils les transfèrent vers un hôpital à l’aide de cabriolets.
  • des délégués de salubrité public par arrondissements : envoyés, pour assainir les rues, les maisons et les établissements publics. Leur but faire disparaître d’éventuels foyers d’infection comme les seaux d’aisance, le linge, l’eau stagnante…. (utilisation de la chaux) allant jusqu’à la destruction d’immeubles ou fermeture de rues.
  • mise à disposition d’hôpitaux temporaires dans différents quartiers de Paris. Pour palier à la surpopulation des hôpitaux ordinaires (1200 lits disponibles pour les cholériques dans ces derniers).
  • fermeture des lieux publics : mariages, réunions, théâtres, spectacles…..
  • Inspection des prisons : évacuations pour certaines, assainissements au lait de chaux, surveillance des infirmeries.

La contagion

Malgré tout cela, l’épidémie s’accentue et se répand à 32 départements en un mois. Au 31/07/1832, il y a 45 000 malades et 16 841 décès à Paris. Elle fera 100 000 morts en France au 1er octobre 1832, en seulement 6 mois. Si les mesures semblent fortes, une chose essentielle, et non des moindres, sème la discorde au sein même du corps médical : la contagion. Ce mode de transmission par contact direct ou indirecte sera très controversée.

Certains médecins dits « contagionistes » défendaient l’idée que la maladie pouvait se transmettre d’un individu à l’autre. Ceux dits « non-contagionistes » affirmaient que seul, l’air, le vent ou l’eau pouvait la transporter. Une polémique qui sévira encore pendant plusieurs années comme en témoigne cet article paru en 1867 dans la gazette médicale de Lyon.

Quant à nos ancêtres les plus défavorisés, ils étaient bien loin de ces discordes. Il leur fallait vivre et survivre à chaque jour qui passait. subissant ces pandémies ravageuses, parfois plusieurs fois dans leur vie. Sans hygiène ni remèdes efficaces, s’ils ne succombaient pas à la maladie, c’était la famine qui les achevait. Le plus souvent « louer le Seigneur » était leur dernier recours.

Plus de 180 ans d’écart et pourtant…

Si en 2020 nous ne parlons plus d’une pandémie de choléra mais de covid-19, certaines mesures sont restées :

  • renforcement de structures existantes avec une logistique performante
  • mise en place de structures d’accueil supplémentaires
  • mise à disposition d’hôpitaux temporaires (militaires et cliniques privées)
  • fermeture des lieux publics
  • contrôle des prisons (libérations anticipées, suspension des parloirs, protection des gardiens…)

A la différence d’autrefois, nos moyens de communications sont plus rapides et plus énergiques comme l’information continuelle sur les bons gestes à adopter, la rapidité du suivi de l’évolution de la maladie au jour le jour, les échanges entre pays pour faire avancer la recherche médicale …. Mais le point crucial est que la contagion ne fait plus polémique, que tout le monde l’entend, permettant ainsi un confinement plus efficace et l’application des gestes « barrière »

Pour la petite Histoire : C’est Ignace Semmelweiss qui, en 1847, découvrit l’efficacite du lavage des mains comme étant un geste essentiel. Mais c’est Louis Pasteur qui, un quart de siècle plus tard, démontrera la véracité de son intuition incomprise.

Et l’homme dans tout çà…..

Le monde se modernise mais l’homme reste fidèle à lui même. Si, comme à la médecine, son intelligence évolue pendant les siècles, il garde malgré tout certains comportements face à des situations analogues. Dans un premier temps c’est le déni et la méfiance qui l’emporte comme au XVIIème. Pas d’insurrection mais un acharnement systématique à faire circuler de fausses infos (fake news) plutôt que de remettre en question ses certitudes. Mais, le plus frappant, et je pense que cela ne vous aura pas échappé, c’est le « sauve qui peut » qui vient juste après. Réflexe que l’on retrouve quelque soit l’époque ; la peur panique, très humaine, qui suscite la fuite devant le problème en allant le « vivre mieux » ailleurs. Les riches de l’époque devenant les citadins d’aujourd’hui.

Une généralité qui n’est pas une majorité !! Bien heureusement. De nombreuses personnes révèlent aussi de grands coeurs. Une belle solidarité formée par une crise inédite et que nos ancêtres ont pu, eux aussi, connaître !

Sommes-nous des enfants gâtés à leurs yeux ? C’est indéniable, cette possibilité de pouvoir rester confiner chez nous en étant pris en charge par l’Etat avec une hygiène de vie et des soins efficaces leur semblerait extraordinaire. Et c’est très bien ainsi, cela nous rassure de savoir que nos vies se sont largement améliorées même si parfois nous n’en sommes pas toujours conscients. Mais soyons objectifs, si nos aïeux vivaient aujourd’hui leurs comportements seraient semblables au nôtre. C’est normal !! C’est humain !! Plus on en a et plus on en veut ! mais sans toujours prendre en considération l’impact de nos décisions et de nos erreurs.

Rappelez-vous nos livres d’Histoire de France avec toutes ses guerres, ses famines et ses pandémies… cela nous semblaient tellement incroyable, si loin et révolu…. Nous n’imaginions pas qu’à notre époque nous pourrions vivre pareille pandémie. En 1832 non plus, personne n’imaginait que cela reviendrait …Et pourtant ces pandémies sont toujours d’actualités.

Pendant ce temps Dame Nature…..

Peste, choléra, pandémies, épidémies, réchauffement climatique, pollution…. Dame nature nous rappelle à l’ordre…Pendant qu’elle se refait une santé nous perdons la nôtre ! Avec ce confinement obligé, chacun de nous, redécouvre ses bienfaits, sa beauté, sa générosité, son importance mais aussi son pouvoir à nous contraindre et nous plier. Prenons conscience de ses bruits, de ses silences, de sa plénitude, de sa faune et sa flore, qu’il faut bien avouer, nous avions tous quelque peu oublié ! La nature reprend ses droits ! Et cette note positive nous a ouvert, à tous, les yeux un peu plus grands…mais qu’en sera-t-il au lendemain du déconfinement ? Aurons-nous une fois de plus la mémoire courte ?

Dans ce contexte anxiogène, nous sommes revenus à des priorités primaires : survivre et manger… Mettons à profit ce temps suspendu pour peut-être, remettre en question nos anciens comportements et envisager lesquels, parmi les nouveaux, nous pourrions adapter et pérenniser pour un futur viable. Nous avons bien plus besoin de la nature qu’elle n’a besoin de nous !!!

De tout temps, l’homme a toujours fait preuve de prouesses techniques pour améliorer son quotidien, sa santé, sa soif de découvertes mais le plus souvent au détriment de sa terre nourricière. J’aime imaginer que cet après covid -19 lui permettra de démontrer qu’il est aussi capable de faire des prouesses pour effacer son image de destructeur avide. Depuis le début du confinement de belles idées émergent déjà, développons-les et surtout conservons-les !

Hou là là, je m’emballe, je m’emballe……et je sors du cadre !!!

Rien de mieux que l’histoire pour prendre du recul et avancer !!! C’est le bon moment pour se pencher dans nos archives …..

recherches généalogiques

Les pièges de l’homonymie

Dans mon article « Comment bien démarrer sa généalogie » je vous parlais d’un problème fréquent en généalogie : les patronymes identiques ou les pièges de l’homonymie.

En effet, outre le fait qu’un fils peut porter le nom et le même prénom que son père (par tradition filiale) il arrive, de temps à autre,  que deux individus sans aucun lien apparent, portent aussi le même nom voire le même prénom et dans ce cas on parlera dhomonymie.

Si l’on n’est pas attentif, on peut très vite partir sur une fausse piste et remonter une branche qui ne nous concerne en rien.

Lors de mes recherches, j’ai rencontré un cas très concret qui illustre parfaitement l’homonymie et qui reste à ce jour, quelque peu mystérieux.

Voici l’histoire d’Adèle Lardé (que je nommerai Adèle n°1):

Adèle n°1 voit le jour à Vauchelles dans l’Oise le 21 février 1830.  Elle est la fille de François et de Marie Anne Bera ( frère de mon trisaîeul maternel). Jusqu’à ses 21 ans, en 1851, elle est recensée chez ses parents avec pour profession « domestique » et en marge l’observation « aliéné à domicile ».

Que veut dire cette mention ? elle est folle mais pas assez pour être hospitalisée ? A-t-elle simplement un problème physique (différence entre un être sain et aliéné) ? Bref, peu d’éléments pour l’instant.  Dans le recensement de 1856, elle n’apparaît plus, ni chez ses parents ni à une autre adresse.  Est-elle décédée ? partie travailler ailleurs  ? Rien non plus dans les tables décennales…..Je décide donc de consulter , malgré tout,  les actes de décès de Vauchelles pour m’assurer qu’aucune erreur ne ce soit glissée dans les TD (comme cela peut arriver parfois) mais  là, impossible d’y accéder : les archives départementales de Vauchelles ont des lacunes entre l’an VIII et 1879. Rien non plus dans les petits villages voisins.

Décidément la chance n’est vraiment pas au rendez-vous !! Il me reste encore un peu d’espoir et je lance une recherche au travers du site Généanet et là, bingo !  je retrouve Adèle n°1  dans un extrait de la revue n°22 de l’association Genea 60 « Détenues incarcérées de 1850 à 1860 – Naissances » à Clermont dans l’Oise. Elle avait accouchée d’une petite fille le 18/01/1859 à la maison d’arrêt et de correction de Clermont. Aucune indication quant au motif de sa détention mais j’avais au moins une piste. 

Dans les archives de Clermont, impossible de trouver quoique ce soit de concret sur cette prison hormis qu’elle avait été détruite dans les années 60. En cherchant dans les tables décennales, je la trouve dans les décès mais en 1853 ????  Dans son acte, il est précisé qu’elle est décédée à la maison de santé de Clermont, qu’elle a 22 ans, célibataire, domestique et née à Vauchelles ; mais chose surprenante ses parents sont inconnus.

décés Adèle Lardé 2
décés Adèle Lardé 2 (source « archives de l’Oise »)

Incompréhensible ! Comment cela pouvait-il être possible ? Elle ne pouvait pas être morte en 1853 et accoucher en 1859 !! C’était forcément un homonyme et même plus que cela étant donné la similitude des informations. En  poursuivant mes recherches sur Clermont, je fini par trouver un second acte de décès d’une Adèle Lardé, dans lequel outre son second prénom était précisé, ses parents,  bien identifiés cette fois-ci, me confirma que c’était bien l’Adèle que je recherchais. Elle était décédée à Clermont aussi mais le 27/05/1860.

acte de décès Adèle Céline lardé 1
acte de décès Adèle Céline lardé 1 (source « archives de l’Oise »)

Pour résumé, si l’on compare leurs actes de décès, outre le fait qu’elles soient homonymes, leurs similitudes sont incroyables, elles sont toutes deux :

  • Célibataires
  • Domestiques
  • nées à Vauchelles entre 1830 et 1831
  • décédées à Clermont

Tous ces points communs  peuvent prêter  à confusion et fausser une branche. Si je n’avais pas trouvé en premier lieu, l’extrait de la revue Genea 60 me précisant qu’elle avait accouché en 1860 à la prison de Clermont, j’en aurai forcément déduis que mon Adèle était décédée en 1853 à la maison de santé de Clermont à 22 ans et sans enfant, ce qui pouvait paraître d’autant plus convaincant au vu de sa maladie.

Si j’ai, fort heureusement, déjoué le piège de l’homonymie, cette Adèle n°2 n’en reste pas moins mystérieuse et intrigante. Qui peut-elle bien être ? qui sont ses parents ? qu’elle est la cause de son hospitalisation ? a-t-elle un lien de parenté avec Adèle n°1 ? Autant de questions sans réponses mais qui, aujourd’hui pique ma curiosité et pour lesquelles je compte bien en obtenir quelques unes.

Quant à mon Adèle n°1, il me reste encore beaucoup de points à éclaircir  :

Quels sont les motifs de sa détention ? quel est son degré d’aliénation ? quelles sont les circonstances de sa grossesse ? qui est le père de sa fille Joséphine ? qu’est devenu l’enfant après le décès de sa mère ?  a-t-elle été placée dans une famille ? (après vérification elle n’a pas été remise aux grands-parents, aucune trace dans les recensements de Vauchelles) est-elle décédée ? . Encore des questions pour lesquelles je ne suis pas certaine d’obtenir toutes les réponses….Quoi qu’il en soit , j’espère pouvoir me rendre rapidement aux archives départementales afin d’obtenir des éléments de réponses pour l’une comme pour l’autre……

Ce cas est le plus atypique que j’ai pu rencontrer lors de mes recherches.  En plus de l’homonymie, il y a toutes ces similitudes de dates, de lieux et de profession, bref un cas assez extraordinaire et déroutant, n’est-ce pas ? Je vous le confirme, afin de ne pas s’égarer, il faut absolument rester vigilant, ne pas s’éparpiller et surtout garder à l’esprit sa ligne première. Toujours vérifier et croiser, systématiquement, les informations obtenues, que ce soit par le biais des archives départementales, des sites généalogiques ou des arbres en ligne…..

En un rien de temps, la curiosité et les petites cellules grises en éveil , on se laisse très vite embarquer, les questions fusent, on veut connaître le pourquoi du comment, on se pique au jeu et là gare à se laisser entraîner dans des recherches supplémentaires, des heures laborieuses sur des chemins de traverses risquant peut-être de nous emmener bien loin de notre route et de notre branche, nous embrouiller voire nous perdre… Le piège c’est de se laisser déborder par son entêtement et son imagination et d’en oublier sa recherche originelle !

Bien sûr le principe même de la généalogie comme on l’aime, c’est de chercher, fouiner, déterrer, récolter et engranger mais attention comme toute bonne chose : « à consommer avec modération » car votre arbre risque d’en pâtir et de piétiner un petit moment.

Rassurez-vous ce cas extrême est assez rare mais tellement intriguant et passionnant… Mon conseil si une telle ambiguïté vous arrive ?

*Stockez dans un coin vos infos sur l’intrus et consacrez-vous à la personne initiale. Une fois certain que tous les éléments concernant celle-ci sont confirmés et bien dissociés, alors seulement après, revenez l’esprit clair, débarrassé de tous doutes sur votre intrus.

*Dans le cas simple d’homonymie, si les seconds prénoms peuvent être une piste ce n’est pas une preuve irréfutable. Il faut savoir que selon les actes, il n’est pas toujours noté, il arrive aussi parfois qu’ il y ait des erreurs, des oublis, des fautes dans la rédaction et quand ce n’est pas illisible il arrive que la personne elle-même se déclare sous son second ou troisième prénom !

La vigilance est de mise et le croisement d’informations s’avère obligatoire.

Ah….généalogie quand tu nous tiens !

Toutes vos questions et interrogations sont les bienvenues.

Vous vivez ou avait vécu cette expérience, n’hésitez pas à nous la faire partager !

recherches généalogiques

Quand les poilus racontent…..

Il y a 100 ans une génération d’hommes fut sacrifiée pour sauver la France. Nous sommes tous concernés par cette hécatombe, car ces hommes sont nos aïeux directs ou indirects. Chaque famille a été impactée par ce conflit et a perdu un père, un frère ou un fils. Certains sont revenus, un grand nombre a disparu et d’autres ont été inhumés dans des cimetières militaires.

Dans ma famille, j’ai 8 poilus qui ont étés mobilisés. Parmi eux 4 ne sont jamais revenus : mon arrière-grand père et 2 arrières grand-oncles paternels. Du côté maternel 1 arrière grand-oncle. J’ai retracé leur parcours et plus particulièrement celui de mon arrière grand-père paternel car j’avais en ma possession des courriers qu’il avait écrit pendant le front à sa femme et son histoire, je pense, est celle de beaucoup d’hommes de cette période. C’est ainsi que j’ai fait une découverte étonnante et émouvante que je tenais à vous faire partager…..lisez jusqu’au bout, vous connaîtrez ainsi ma découverte !

Albert Chalange
Gaston Albert Chalange est né en 1884  à Sotteville-lès-Rouen, se marie à Honfleur en 1907 avec Madeleine Ducastel, et à deux enfants (1909 et 1913). 

Le 1er août 1914 c’est la mobilisation générale, tous les hommes sont mobilisés et lui ne fait pas exception. Il incorpore le 319ème Régiment d’infanterie comme réserviste.

Il arrive avec son Régiment à Vervins le 10 août 1914 après 15h30 de train au départ de lisieux (14) et y stationne jusqu’au 19 août.

Ce sera le début de son calvaire. 

Selon le Journal de Marche du 319ème RI (source Mémoire des Hommes), l’attaque générale eut lieu le 30/9/1914 à Sapigneul, ville qui fut entièrement détruite. La 319ème s’est répartie aux écluses et au pont de Sapigneul. Il décédera ce jour-là vers 13h00 de ses blessures.

Voici quelques extraits de courriers qu’il a envoyé à sa femme (archives personnelles). Ces lettres permettent de découvrir le quotidien, les peines, les espoirs et les petites joies de tous ces hommes lors de ce terrible conflit. (je les ai transcrites telles qu’elles ont été écrites sans rien changer, ni les fautes, ni les tournures de phrases…)

1er courrier d'Albert
10/08/1914
« Cher Béso, Je suis toujours en bonne santé. J’espère que ma lettre te trouveras de même ainsi que nos chers trésors. Embrasse bien notre famille pour moi et les amis. Rien de plus car tout est interdit. Ton mari pour la vie »
Pensées nostalgiques
Septembre 1914
« Vraiment c’est incroyable. Voilà 4 jours que nous dormons pas. Nous savons plus ce que nous sommes et pourtant Dieu sait si nous pensons à vous. Pas une minute l’esprit me quitte de notre chère maison…… »
Espoirs et optimisme

« Nous avons reçu de très bonnes nouvelles. Les Allemands trinquent partout. La victoire est pour nous Dieu aussi puisque toutes les puissances sont avec nous. Combien cela doit durer nous l’ignorons mais je t’adjure chère Bésote ne te chagrine pas de trop ainsi que Louise et ses chers parents. Nous partons ou tout au moins c’est le bruit qui court Dimanche matin pour Châlons et après soit Maubeuge ou Mézières. Nous sommes en 7ème ligne de combat. Tu vois chère bésote que nous sommes pas trop exposés. Mais assez pour moi. »
Bonnes nouvelles
Septembre 1914
« …..Cher trésor, espérons que Dieu nous protégera et que nous aurons le bonheur d’aller tous les deux le lendemain matin de mon retour sur la Côte de Grâce (Chapelle à Honfleur) brûler un cierge. Je suis très content mon cher trésor d’avoir des nouvelles de mon cher frère. Il est comme moi bien malheureux et il doit avoir hâte de finir tout cela. Je suis bien content aussi de savoir que mon patron te donnes ce que j’ai gagné. Ce sera toujours cela de venu. Donnes lui de mes nouvelles de temps en temps et dis lui bien que j’ai hâte de revenir avec lui….
Besoin d'argent pour le quotidien

Septembre 1914
« Il est très gentil ce garçon là (Joseph Lair). Il a fait son service avec Ernest et c’est un ami à Emile. Il nous passe en douce du rabiot de sucre et de café c’est toujours çà de venu pour l’escariade. Si tu le peux mon cher béso envoie moi de l’argent en billet cela me serai facile pour le change quoique nous trouvons rien à acheter on peut trouver des occasions comme je viens de te le dire et sans argent on est toujours très malheureux.. »
La joie de retrouver des amis
Septembre 1914
« …. Je t’adore mon cher trésor ainsi que nos chers deux enfants. Dans mon grand malheur d’être séparé de vous tous. Je me considère  très heureux d’être où je suis voilà pourquoi : notre capitaine nous a autorisé à nous mettre avec qui bon nous semble. J’ai avec moi Henri Lefebvre, Joseph Lair, Baudry, Angilot et Laplace. Enfin nous sommes tous honfleurais. Tu vois chère petite femme adorée que nous sommes un petit peu plus heureux.. »
Nostalgie de la famille et description du quotidien

Septembre 1914
« …Combien je voudrais être un oiseau pour pouvoir le voir (son fils) un instant et vous serrer tous sur mon pauvre coeur. Mais ne parlons plus de cela le devoir pour l’instant est d’être devant l’ignoble ennemi, le repousser le plus énergiquement possible et lui faire cracher le plus de sang possible pour qu’il puisse s’en rappeler pour toujours et laisser tranquille nos chers enfants. Ainsi que je te l’ai déjà dit je suis heureux d’avoir revu Laîné. Je ne sais si tu t’en rappelle de lui. Il a fait son service à Rouen au chasseurs avec Ernest il est venu chez nous et il a dû fréquenter quelques temps Germaine. C’est un très gentil garçon il est employé au service de ravitaillement et je le vois tous les 2 jours car moi je suis nommé homme de corvée ordinaire c’est-à-dire pour les vivres je suis exempt de garde et de corvée je ne suis plus sur la première ligne de feu je reste avec le fourrier dans les tranchées abris de manière à pouvoir le soir………
Dernier courrier d'Albert

« …retrouver les voitures qui nous apportent les vivres. Je n’ai que çà à faire puis dormir. Tu vois cher trésor s’il n’y avait pas ces sacrés obus et balles à craindre je ne serais pas trop malheureux. Alors pour te finir ce Laîné là me procure en douce du café, du sucre, du sel, du pain enfin tout ce qui peu pour m’être agréable c’est toujours çà de venu et je te prie de croire que cela fait plaisir. En outre, il a la facilité d’aller dans les villes ou il y a un peu de tout, de ce fait je lui fais des petites commandes que je touche deux jours après. Tu vois c’est presque le rêve. Puisque nous autres où nous passons c’est la ruine complète, plus de maisons sans être saccagées, pillées ou détruites en un mot nous ne trouvons plus rien que de l’eau quand elle n’est pas empoisonnée… »

Albert décédera le lendemain de cette lettre le 30/09/1914.

Le courrier de son camarade, Emile Baudry ci-dessous, précisera l’endroit où son corps a été  inhumé malheureusement il ne sera jamais retrouvé.

Courrier d'Emile Baudry décrivant le décès d'Albert

24/10/1914
« Madame, J’ai reçu votre lettre dont vous me demandez des détails sur la fin de votre mari et notre pauvre camarade Albert. Madame, je ferai tout mon possible pour vous renseigner de mon mieux. J’ai des renseignement de Léon Gouley dont c’est lui qui l’a vu le dernier du pays. Il a reçu des éclats d’obus dans les 2 cuisses, il est mort sans connaissance un quart d’heure après en arrivant au poste de secours dont il fut transporté aussitôt. Il est enterré dans le jardin d’une ferme près du canal de l’Aisne à Sapigneul, près Berry au Bac. Je crois département de l’Aisne, ce pauvre malheureux est décédé le 30 septembre vers une heure de l’après-midi nous avons trouvé..
Courrier Emile Baudry suite et fin

« …après la bataille son porte-monnaie à la place où il a été frappé il contenait un mandat de 3 francs qu’il venait de recevoir dont nous l’avons remis à Emile Biette. J’ai vu Emile avant hier et il se porte bien. Madame, voilà à peu près tous les détails dont je peux vous donner car nous sommes partis déjà depuis longtemps de cet endroit là… »

Ce funeste 30 septembre fut aussi un jour incroyable car voici la découverte que je fis :

Parmi les régiments qui vinrent soutenir cette fameuse attaque du 30/09 au matin , il y avait le 254ème RI (source Mémoire des Hommes Journal de Marche). Celui-ci avait pour mission de couvrir le 319ème (celui d’Albert) durant l’attaque de la cote 91. Dans le 254ème RI se trouvait mon grand-oncle maternel, Clotaire Lardé.  Quelles sont les chances que ces 2 hommes , mon arrière grand-père paternel et mon grand oncle maternel, qui n’avaient rien en commun à la base, si ce n’est le même âge, les tranchées et les horreurs de la guerre, se soient entrevus, aient échangé un regard, peut-être fumé une cigarette ensemble sans penser une seule seconde qu’ils auraient des descendants communs !  Les chances sont minces, c’est vrai mais j’ai envie d’y croire !  A partir de là je me dis que peut-être votre aïeul était lui aussi dans l’un de ces 2 régiments, peut-être ont-ils été camarades, échangé dans les tranchées, peut-être se sont-ils soutenus et entraidés lors des assauts ou dans les tranchées. Bref, cela pourrait être intéressant de retrouver ces camarades d’infortune. Avec votre aide et nos infos communes, nous pourrons peut-être retracer leur parcours et ainsi connaître leur destin.

Alors si jamais vous reconnaissez un nom, n’hésitez plus contactez-moi !

Voici la liste des noms cités dans les différents courriers en ma possession :

  • Joseph Lair
  • Henri Lefebvre
  • Angilot (pas de prénom et pas sûr de l’orthographe)
  • Laplace (pas de prénom)
  • Léon Gouley
  • Emile Baudry 
  • Bansse (je n’ai pas de prénom mais il était apparemment vétérinaire durant la guerre).

Concernant le 254ème RI, je n’ai absolument rien.

Vos avis, commentaires et suggestions sont les bienvenus !

Valérie CHALANGE

AUTRES ARTICLES

recherches généalogiques

Comment bien démarrer sa généalogie ?

Hé oui c’est bien beau de se dire « allez hop j’attaque ma généalogie » encore faut-il savoir par quoi et par où démarrer. Personnellement je me suis lancée tête baissée dans l’aventure dans toutes les archives disponibles sans réel fil conducteur et forcément au bout d’un moment je me suis un peu perdue, j’avais beaucoup d’infos mais qu’en faire ?

« Ordre, Méthode et petites cellules grises » précepte de Mr Hercule Poirot, que je n’avais pas du tout suivi……trop d’infos tuent l’Info !!!!!

Alors j’ai tout mis  à plat et je me suis organisée……

D’abord, après avoir récolté un maximum d’infos sur les différents membres de ma famille, les noms, prénoms, date de naissance (à défaut l’année), le lieu de naissance mais aussi d’habitation, bref tout ce que je pouvais glaner, (en règle générale, les infos fiables vont jusqu’à nos grands-parents) j’ai glissé le tout dans des dossiers par famille. A chacun sa méthode, d’autres privilégieront un classeur, un cahier.

A partir de ce moment, lorsque la pêche aux infos s’est avérée fructueuse, commencez à les rentrer dans votre logiciel informatique. Plusieurs sites vous proposent gratuitement des arbres en ligne tels que: GENEANET, FILAE, FAMILY SEARCH etc, etc….

Ensuite, eh bien la question importante : par qui je commence ???? mon père, ma mère, mes grands-parents ou moi ? Cette personne définie sera la racine de votre arbre et nommée SOSA par les généalogistes.  Rassurez-vous ce Sosa vous pourrez toujours le changer, puisque toutes les personnes qui graviteront autour seront reliées entre elles. Je m’explique, dans mon cas je me suis choisie moi, mais ensuite, pour l’offrir à ma mère, c’est elle que j’ai mise en Sosa. Rien de plus simple avec un logiciel généalogique.

Le sosa déterminé, on va pouvoir monter dans les branches……..oui mais laquelle démarrer ? paternelle ou maternelle ? en d’autres termes, branche agnatique (père) ou cognatique (mère). Jusqu’aux grands-parents, on monte en général, les 2 en même temps, après çà, çà se complique. A part si les 2 branches sont issues d’une même ville, il est plus prudent de faire branche par branche et d’alterner lorsque vous bloquez sur une.

Aidez-vous des archives départementales numérisées sur internet

Les archives départementales regroupent toutes les archives par villes et se composent principalement par :

  • tables décennales : à partir de 1792. Récapitulatif des naissances, mariages et décès par décennie
  • registres paroissiaux : actes de naissances, mariages et décès avant la révolution
  • états civils : actes de naissances, mariages et décès après la révolution
  • recensements de la population : 19ème et 20ème siècles
  • registres des matricules : à partir de 1867. On y trouve le signalement et des informations diverses sur le militaire ainsi que sa carrière : incorporation, corps d’affectation, campagnes, blessures, citations, décorations etc. Chaque homme est inscrit dans le bureau de recrutement de son lieu de domicile l’année de ses 20 ans.

A noter aussi que certains départements regroupent les registres paroissiaux avec les états civils, d’autres présentent des tables de successions…….Chaque département est différent.

Pour bien démarrer, privilégiez la consultation des tables décennales. Classées par ordre alphabétique, elles permettent d’accéder rapidement aux renseignements de bases : nom, prénoms et date de naissance. Elles permettent de découvrir les fratries et les cercles familiaux ainsi que le numéro des actes. Ces infos vont serviront à aller directement aux dates données sans avoir à feuilleter tout le registre. Bref elles vous font gagner un temps fou. Vous verrez, quand on a pas de tables décennales, la recherche est beaucoup plus laborieuse !!!

Carte des archives départementales et leurs coordonnées : france archives

Pour les archives récentes, il faudra se déplacer en salle de lecture.

Gardez malgré tout en mémoire qu’il vous arrivera d’être bloqué pour différentes raisons :

Disparition d’un individu

Un ancêtre qui quitte sans crier « gare » le village ou la ville, pour se marier ou pour travailler en ne laissant aucun indice, il vous faudra alors élargir vos recherches aux alentours avec l’espoir de tomber dessus, il pourra même vous arriver de le retrouver par hasard lors de recherches sur d’autres ancêtres. Le recensement est aussi une bonne aide car il permet de vérifier à quel moment l’individu n’apparaît plus dans le recensement, celui-ci étant effectué tous les cinq, et avec un peu de chance il sera dans le recensement d’un village voisin. De plus cette source est une mine d’informations sur les lieux et date de naissances, les métiers, le groupe familial et parfois même le degré d’instruction, l’handicap physique, ainsi que la structure de l’habitation……

Père inconnu

Un enfant déclaré « naturel » enregistré sous le patronyme de sa mère avec pour mention « père inconnu », dans ce cas il n’y a pas grand chose à faire ! Bien sûr on pourra continuer les recherches sur le patronyme maternel mais le côté paternel s’arrêtera ici.

Dans une de mes branches, j’ai le cas de 3 enfants nés « naturels » de père inconnu. La mère, Sophie, se marie 2 ans après la naissance de son dernier enfant en 1873, on se dit que les enfants vont être légitimés lors de cette union comme cela arrive fréquemment,  mais non la mère prend le nom du mari et les enfants gardent celui de leur mère. Que peut-on déduire de cette situation ? J’ai fait des recherches sur ce mari. Il était déjà marié et père de famille lorsque les 3 enfants sont nés. Veuf en 1860, il épousera donc en seconde noce Sophie en 1873 mais sans reconnaître les 3 enfants et vivront dans un autre petit village. Cet homme avait-il une double vie ?A la mort de sa 1ère femme, il épouse sa maîtresse et afin de sauver les apparences ne reconnaît pas les enfants, ou bien ce brave homme n’était pour rien dans la naissance de ces enfants. Il avait 11 ans de plus que Sophie, tisserands tous les 2, ils vivaient dans le même village, travaillaient peut-être dans la même usine, devaient se côtoyer régulièrement et soudain, à la mort de sa 1ère femme ils partent se marier et vivre dans un autre petit village. Tout cela réunit, cela me semble suspect  mais malgré tout hypothétique.

C’est un cas de figure intéressant en généalogie d’autant que cette branche est une branche directe (un de ces 3 enfants est mon trisaïeul). Alors dois-je la continuer en ne suivant que le côté maternelle ou avec le côté paternel aussi ?

Pour l’instant j’ai décidé de suivre la trace de ce père volage en considérant qu’il était bien le géniteur des enfants…….

ARCHIVES MANQUANTES

Une autre raison de frustration ……quand les archives sont abîmées, illisibles, détruites, voire même aussi dans certains cas fausses, et là l’espoir disparaît avec elles !!!!

LECTURE DES ARCHIVES

Enfin, le blocage que vous rencontrerez forcément: le déchiffrage des actes datant du 16ème et 17ème siècles. Dans ce cas il faut de la persévérance, de la ténacité, de la patience et du temps…………. Pour vous aider il existe pas mal de bouquins, moi j’ai souvent sous la main le livre de Roland de Tarragon  « lire les écritures anciennes du XVe au XVIIIe siècle. Certaines associations de généalogistes proposent aussi des formations. Quand vous êtes vraiment bloqués n’hésitez pas à le soumettre à d’autres personnes, un autre regard peut parfois aider.

J’allais oublier une chose importante ! Quand vous démarrerez vos recherches, faites attention aux patronymes. En effet, ce n’est pas parce qu’un individu porte le même nom qu’il fait partie systématiquement de votre branche. Je m’explique :

Prenons le cas de Jean Dupont ; en cherchant dans les tables décennales, vous tomber sur toute une liste de Dupont, assurez vous qu’ils sont bien en lien avec votre branche sinon vous risquez de partir dans la mauvaise direction.

Eh bien voilà, vous connaissez l’essentiel….Maintenant vous êtes prêt à endosser le costume du parfait détective, armé de mes petits conseils pour vos recherches.

Alors au travail, c’est à vous de jouer ! Retrouvez tous les articles disponibles

Quant à moi je repars dans mes actes poussiéreux en espérant que, de temps en temps, vous me ferez part de vos avancées, de vos doutes, de vos avis et de vos propres astuces.

Bref vos commentaires sont les bienvenus !!!!

recherches généalogiques

Quel est l’intérêt de la généalogie ?

Tout le monde en parle, beaucoup la font….. Mais bon nombre d’entre nous se demandent quel est l’intérêt de la généalogie ? Après tout, nous ne sommes pas tous issus de familles célèbres…….
Mais détrompez-vous, toute famille à son intérêt, même dans les plus modestes on peut y trouver un secret longtemps caché, un destin inattendu, des métiers oubliés…………

J’ai démarré la mienne sur une simple question que tout le monde me posait : pourquoi ma sœur était-elle aussi différente physiquement que moi ? C’est vrai, autant elle est très typée brune et mat que moi je suis blonde et claire. Au fur et à mesure des années, on s’amusait de cela tout en se demandant comment mon père pouvait être aussi typé méditerranéen comme son père, sa tante et sa grand-mère alors qu’ils étaient tous d’origine normande (Calvados et Seine Maritime). J’ai décidé de comprendre et j’ai démarré ma généalogie paternelle puis forcément maternelle et aujourd’hui cela fait plus de 15 ans que je cherche, fouine et note……. Vous vous demandez ce que j’ai trouvé concernant mes origines paternelles ? Eh bien ce fut la déconvenue car j’ai découvert que mon arrière arrière grand-père qui nous avait transmis ce gène méditerranéen était de père inconnu……et son origine avec !!! Mais je ne m’avoue pas vaincue, la généalogie s’étoffe de plus en plus et je suis certaine qu’elle finira par me donner la clé du mystère.

Source Mémoire des Hommes

J’ai aussi découvert des éléments sur ma famille que personne ne soupçonnait ; un aïeul, par exemple, qui a inventé et déposé un brevet pour le chauffage au gaz calorifère; un autre qui a eu 4 enfants d’un 1er mariage et 9 d’un second sans qu’aucun des premiers ne soupçonnent l’existence des seconds et inversement ; des descriptifs physiques sur des livrets militaires accompagnés de commentaires sur le comportement du militaire pas toujours très flatteurs…..bref une mine d’or !
C’est aussi plein de moments magiques comme quand vous découvrez un acte de naissance de votre ancêtre transcrit par le curé de la paroisse, parmi des centaines d’autres, et que son père a signé de son nom ou d’une croix. Cet homme était à mille lieux d’imaginer que ce jour-là il laissait son empreinte à jamais dans l’histoire, que cet écrit nous parviendrait 230 ans plus tard asseyant par la même son lien de sang direct avec vous.
Et c’est à partir de ce moment là que vous laissez libre court à votre émotion et à votre imagination……. dans quel contexte et comment vivait-il ? Comment était-il ? que pensait-il de son époque ? Avez-vous une caractéristique physique en commun ou son caractère ?
Et voilà c’est parti, une seule personne et tant de questions auxquelles, un jour peut-être, certaines trouveront une réponse ! Alors imaginez pour les 100, 500 ou 1000 autres  que vous découvrirez au fil du temps….. Car forcément on a qu’une envie : c’est d’en savoir plus ! Mais quel bonheur au bout de toutes ces recherches  !

L’intérêt de la généalogie ? C’est tout cela ! Ces découvertes, ces surprises, ces rebondissements, tous ces éléments qui nous font avancer, relativiser, comprendre et surtout qui nous permettent d’approcher et de nous rapprocher de ces personnes qui nous ont donné la vie. Ce qui est indéniable, c’est que l’on finit toujours, inconsciemment ou non, par s’attacher à notre lignée.
A chacun sa propre perception généalogique. Je souhaite simplement que cet article vous donne l’envie de vous pencher sur votre histoire, de voyager dans différentes périodes de l’Histoire au travers de vos ancêtres.

Imaginez tout ce qu’ils ont traversé pour qu’un jour une personne, vous en l’occurrence, les sortiez de l’oubli et de la poussière.

Pour vous en convaincre lisez l’Histoire d’Albert

Suivez moi !
%d blogueurs aiment cette page :